MARATHON PLUVIEUX, MARATHON HEUREUX !
Ce dimanche 25 octobre, je suis un homme en mission, je m’apprête mon 23e marathon. Comme point de chute de ma ruée vers l’or, j’ai choisi Lucerne 🇨🇭surnommée la ville des lumières. La route sera longue mais la médaille, qui m’attend au bout, aura une saveur bien particulière.
À 8h25 précises, le départ est donné sur la Haldenstrasse et sous un ciel couvert. Il pleut, il pleut bergère. En filant au loin, je laisse planer mes sentiments à des années lumières. Vais-je parvenir à mes fins ou bien mordre la poussière ? Pour en avoir le cœur net, je fais confiance à Lucerne/ Parcourir la ville des lumières, par monts et par vaux, éclairera ma lanterne.
Orpailleur en baskets, les paillettes que je recueille ne se trouvent pas dans le sable des rivières que je traverse au grand galop. Chaque course est une chasse aux trésors, chaque ville est un Eldorado. Où que j'aille, je tamise la terre pour en extraire quelques belles pépites, qui à défaut d'être en or, me rendent tout de même riche d'émotions.
Dès le début, je comprends que le chemin sera long. Durant ma préparation, j’ai connu quelques déboires mais ce matin j’ai activé le mode « cyborb » avec la ferme intention d’avancer tant que mes jambes me porteront. Terminer n’est pas une option, c’est une obligation !
Pour que mon parcours soit couronné de succès, je dois me battre comme « le Lion de Lucerne ». Cette sculpture monumentale, située dans un parc de la Denkmalstrasse, qui commémore les gardes suisses morts au service du Roi de France.
Pour rester dans ma bulle, j’ai amené une playlist qui a démarré avec Stephen Wilson Jr. et sa version, bien à lui, de « stand by me ». En souvenir du film « Heart of the beast » avec Brad Pitt dans le rôle d’un aventurier, ancien membre des forces spéciales, qui ne se déplace jamais sans son fidèle berger allemand. À l’écoute de cette chanson, on croirait que des forêts d’Alaska au rives du lac des Quatre-Cantons, il n’y a qu’un pas. Mais en réalité, je suis entrain de courir un marathon et il y a un nombre fou de foulées à aligner pour en venir à bout.
Heureusement, je peux me distraire en admirant le paysage car l’épreuve se dispute dans un cadre exceptionnel. Le tracé sélectif, qui longe le lac des Quatre-Cantons, offre une vue à couper le souffle sur les sommets enneigés de la Suisse centrale et traverse des lieux emblématiques comme le Pont de la Chapelle, la vieille ville pittoresque et même le stade de football du club local.
Sur le parcours, des musiciens assurent le show et des milliers de spectateurs nous soutiennent. Les p’tites ruelles regorgent de mots d’encouragements et les gamins vous tendent la main en réclamant une tape. De quoi vous rebooster quand la pluie et le vent s’invitent et que l’effort devient pénible.
Lorsque la solitude du coureur de fond m’agrippe par le bras, je me fonds dans le décor comme un caméléon. Je profite du moment présent comme un accordéoniste qui tire sur sa « boite à frissons ». Courir 42,195km c’est comme écrire un livre. L’angoisse de la feuille blanche ressemble à la peur de frapper le mur, elle vous enseigne l’humilité. Ce matin, après 2h56’ de lutte contre moi même, la délivrance m’attend, enfin, devant le musée des transports où une dame souriante me passe la médaille de finisher autour du cou.
La performance désirée, elle, n’était pas au rendez-vous mais quand on collectionne les marathons, il ne faut pas s’attendre à toujours atteindre des sommets. Je garde en tête que finir l’épreuve est déjà une victoire en soi et me réjouis déjà à l’idée de rechausser les baskets pour mieux faire la prochaine fois.
Cette prochaine fois où je pourrais à nouveau découvrir le charme d’une ville comme Lucerne, si séduisante par son alliance unique entre patrimoine médiéval, façades peintes et nature alpine.







