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lundi 21 septembre 2026

Runner’s World: Semi-Marathon de Karlsruhe

Aujourd’hui j’cours !





























Dimanche 20 septembre de l’an de grâce 2026. Encore un jour où j’existe. Encore un sésame pour l’effort d’épinglé sur mon débardeur. Encore un jour où j’me dis « hauts les cœurs ! » Aujourd'hui j'cours, j'prends du bon temps loin des vautours. Je quitte Strasbourg et mes habituels parcours pour tailler la route avec le temps qui court. 


Je sais pas… J’sais plus… J’ai pas compté (car quand on aime on compte pas !) mais j’crois bien que ça doit être la 7e ou la 8e fois que je participe au semi-marathon de Karlsruhe. J’aime bien venir ici car le parcours est taillé pour la perf et la date de l’événement s’inscrit aisément dans une prépa marathon.

En arrivant sur place, je pars courir 5km, histoire de dérouiller un peu mes gambettes. Après cela, j’enfile ma tenue de combat: short, lunettes de skieur, marcel blanc et souliers supersoniques… je masse mes jambes à l’huile d’arnica. Je planque un ou deux gels. Le tralala habituel quoi.


À quelques minutes du coup de pistolet, je m’pointe au départ où la pression commence doucement à monter. Chaque coureur semble prendre conscience de l’épreuve qu’il va devoir surmonter. 


Au fil de la craie, je poireaute comme un autostoppeur. Sur une ligne éphémère, je patiente debout face au labeur. Dieu que les secondes sont longues avant le coup de feu libérateur. Les minutes durent des siècles lorsque j'attends mon heure. 

J’ai un chrono en tête mais l’aurais-je dans les pattes ? Vais-je finir comme une flèche ou l’corps plié en quatre ? À chaque fois, c’est la même rengaine, les mêmes questions qui reviennent, la même tension qui coule dans mes veines. 


Autour de moi, les visages sont fermés comme des tombes au cimetière. On appréhende tous la souffrance qui survient quand le convoi roule à tombeau ouvert. Cette douleur, j'ai du mal à comprendre pour quelle raison on retourne toujours vers elle. Ça fait si mal, pourtant, quand elle vous coupe les ailes. Et cette manie qu'on a tous de vouloir la dompter, comme une bête de foire, au risque de tout faire foirer. 


Dernières notes de musique, derniers instants de répit avant le compte à rebours… qui, une fois lancé, ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd. Les corps d’athlètes sont penchés et les index collés sur le bouton poussoir des tocantes. Tous prêts à bondir en pressant la détente. 


Une fois lâché dans l’arène, je me contente de suivre les indicateurs. Avec cette soif de succès qui brûle à l'intérieur. 


La suite est une bataille contre les aiguilles d’une montre et contre une armée de frêles silhouettes. La ligne d’arrivée m’oblige à stopper net. Je voulais mettre 1h15… j’ai mis 1h16 et des brouettes. J’en fais pas un « drama »… ça reste plutôt correct. Et j’crois bien qu’au kilo, ça fait du 3’37. 


Deux kilomètres de remise au calme viennent s’ajouter aux autres pour un total de 28 bornes. Je suis venu, j’ai vu, et j’ai… couru. Fin du bal, fin de l’histoire. Le musicien rentre à la casbah. Demain matin, promis je cours ! La préparation marathon suit son cours.